Lab’Eau : 2 ème édition : gestion de l’eau à la parcelle
Retour sur le Lab’Eau
Vendredi 5 décembre dernier a eu lieu la seconde édition du Lab by Altémed, un mini-séminaire consacré à la gestion de l’eau à l’échelle de la parcelle résidentielle.
Dans un contexte où la Méditerranée est identifiée comme un hot-spot du changement climatique , alternant sécheresses intenses et épisodes pluvieux extrêmes, cette matinée a réuni près de 40 participants autour d’intervenants aux compétences complémentaires.
L’objectif : approfondir les leviers techniques et réglementaires permettant de préserver l’eau potable, de maîtriser le ruissellement et de mieux gérer les eaux pluviales localement.
Retrouvez le support de présentation du séminaire à la fin de l’article.
Le constat : un cycle de l’eau perturbé par l’urbanisation
La matinée s’est ouverte par une intervention de Nicolas Zumbiehl, chef de service GEMAPI à Montpellier Méditerranée Métropole, qui a dressé un panorama des enjeux de l’eau en milieu urbain. En raison de l’imperméabilisation des sols, l’infiltration est réduite de 70 à 90 %. Cette situation entraîne plusieurs conséquences graves pour le territoire montpelliérain :
• Aggravation des inondations par ruissellement lors d’épisodes méditerranéens de plus en plus intenses (jusqu’à 300 mm de pluie en 24h)
• Recharge insuffisante des nappes phréatiques
• Augmentation des îlots de chaleur urbains due à une évapotranspiration limitée
• Pollution des milieux aquatiques par le lessivage des sols (métaux lourds, microplastiques)
Préserver l’eau potable : de la détection des fuites aux économies d’usage
Traquer l’invisible
Les fuites de réseau non détectées entraînent des pertes d’eau importantes. Comme l’a rappelé Nicolas Thévenin (Groupe 7ID), des signes tels qu’un compteur anormalement actif, des traces d’humidité ou une végétation anormalement verte peuvent révéler des fuites invisibles, désormais détectables grâce à des technologies non destructives performantes.
Adopter une consommation plus sobre
Nicolas Cattin et Marion Vernhet (ALEC Montpellier Métropole) ont présenté les leviers d’action à l’échelle des logements et des copropriétés. Les retours d’expériences présentés ont démontré des résultats concrets : l’installation de matériel hydro-économe (douchettes, réducteurs de débit) couplée à un suivi des consommations a permis de réaliser 20 % d’économie d’eau en moyenne par logement.
Gérer les eaux pluviales à la parcelle : vers une approche intégrée
Principes et cadre de la gestion intégrée des eaux pluviales
Nicolas Zumbiehl est revenu sur le cadre réglementaire et stratégique de la gestion des eaux pluviales, à travers plusieurs documents de référence tels que le PLUi, le zonage pluvial ou encore les schémas directeurs de désimperméabilisation. Ces documents poursuivent des objectifs communs : réduire le risque inondation, limiter le ruissellement, préserver les milieux aquatiques et favoriser la recharge des nappes.
Concrètement, le zonage pluvial prévoit par exemple la gestion des premiers millimètres de pluie à hauteur de 40 litres par m² imperméabilisé, par infiltration ou réutilisation à la parcelle, afin de ralentir le cycle de l’eau en ville et de soulager les réseaux.
Désimperméabilisation : Accorder le retour de l’eau vers le sol, quels choix techniques, végétal et paysager ?
Lors d’une table ronde animée par Justine Jullian, Gwénolé Leroux (Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse), Florian Martel (FREDON Occitanie) et Marc Henry ont croisé leurs expertises pour aborder concrètement la déconnexion des eaux pluviales à la parcelle.
Les échanges ont souligné l’importance de principes simples et robustes (travail du sol, absence de bordures, continuité des écoulements, paillage ) complétés par un choix de végétal adapté, notamment à travers la méthode V.E.C.U.S.
Des retours d’expériences en logement social ont illustré ces approches, rappelant que ce type de projets peut bénéficier d’un soutien financier de l’Agence de l’Eau, pouvant atteindre 50 à 60 % pour les solutions fondées sur la nature.
Réutiliser l’eau pluviale : des solutions innovantes existent
Jean-Baptiste Landes, fondateur de la start-up Cactile, a montré que la réutilisation des eaux pluviales peut se faire sans emprise foncière, grâce à des clôtures stockantes capables de retenir jusqu’à 83 litres d’eau par mètre linéaire.
Quand l’architecture intègre la gestion des eaux pluviales
Altémed tient à remercier chaleureusement tous les intervenants et les participants de ce Lab !


